Avec le retour des beaux jours, des séances de travail plus intensives ou des longs trajets en van, une question revient souvent dans la bouche des cavaliers : « Dois-je donner des électrolytes à mon cheval ? »
Contrairement à nous, un cheval qui transpire ne perd pas seulement de l’eau, il se vide littéralement de ses sels minéraux essentiels. Une perte non compensée peut rapidement mener à un coup de sang, une fatigue chronique ou une déshydratation sévère.
Voici tout ce que vous devez savoir pour gérer les électrolytes de votre compagnon comme un pro.
Qu'est-ce que les électrolytes et pourquoi sont-ils vitaux pour le cheval ?
Les électrolytes sont des minéraux qui portent une charge électrique lorsqu’ils sont dissous dans un liquide (comme le sang ou les fluides cellulaires). Ils jouent un rôle crucial dans le fonctionnement de l’organisme du cheval : transmission des influx nerveux, contraction des muscles (y compris le cœur) et régulation de la texture des fluides corporels.
Chez le cheval, les principaux électrolytes sont :
Le Sodium et le Chlore : Ils gèrent l’équilibre de l’eau à l’extérieur des cellules et déclenchent le signal de la soif.
Le Potassium : Il travaille à l’intérieur des cellules, notamment pour la fonction musculaire.
Le Calcium et le Magnésium : Indispensables pour la contraction et le relâchement des muscles.
Le saviez-vous ?
La sueur d’un cheval est hypertonique, ce qui signifie qu’elle est beaucoup plus concentrée en sel que son propre sang. Un cheval de 500 kg peut perdre entre 5 et 15 litres de sueur par heure d’effort intensif, ce qui représente une perte massive de minéraux.
Quand faut-il donner des électrolytes à mon cheval ?
Un cheval au repos ou au travail léger qui consomme un fourrage de qualité et dispose d’un bloc de sel (chlorure de sodium) comble généralement ses besoins quotidiens.
En revanche, la supplémentation devient nécessaire dans les situations suivantes :
Travail modéré à intensif par temps chaud et humide : Dès que le cheval transpire de manière visible pendant plus d’une heure.
Transport prolongé : Le stress du voyage et l’effort pour rester en équilibre font transpirer les chevaux, même en hiver.
Épisodes de diarrhée ou de fièvre : Les pertes liquidiennes y sont majeures.
Le « syndrome du cheval qui ne boit pas » : En déplacement ou en concours, certains chevaux refusent l’eau en raison d’un goût différent. Les électrolytes aident à relancer le réflexe de la soif.
Les électrolytes doivent être administrés dès les hausses de température à un cheval au travail, pour lui permettre de faire des réserves et il est conseillé de faire une cure pendant toute la période estivale, il ne faut surtout pas attendre les premiers signes de déshydratation pour réagir.
Les électrolytes peuvent être associés à l’eau de boisson ou au repas, n’hésitez pas à augmenter les doses durant les périodes d’efforts intensifs. Pensez également à faire boire votre cheval.

Astuce : Comment se rendre compte si votre compagnon est déshydraté Il suffit de pincer la peau de votre cheval au niveau de l’encolure, si l’élasticité n’est pas instantanée, votre compagnon est en état de déshydratation.
Le saviez-vous ?
Souvent utilisés pour les chevaux de sport ou au travail, les électrolytes sont aussi bénéfiques pour les chevaux âgés pour les aider à affronter la chaleur et éviter ainsi une perte trop importante de minéraux et d’oligo-éléments.
La règle d'or absolue : Jamais d'électrolytes sans eau !
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus dangereuse. Si vous donnez des électrolytes (sous forme de seringue de pâte ou de poudre dans la ration) à un cheval qui refuse de boire ou qui n’a pas d’eau à disposition, vous allez aggraver sa déshydratation.
Le sel va attirer l’eau présente dans son organisme vers son système digestif, privant ses muscles et ses organes vitaux du peu d’hydratation qu’il leur reste.
1. Vérifier la disponibilité de l’eau :Étape obligatoire.
Assurez-vous que le cheval dispose d’un grand seau d’eau fraîche, propre et à température ambiante (évitez l’eau glacée).
2. Choisir le bon support :Poudre, liquide ou seringue.
En poudre/liquide : Idéal à mélanger dans une barbotine (mash) très humide après l’effort.
En seringue buccale : Pratique en concours ou en randonnée, mais veillez à ce que le cheval boive juste après.
3. Proposer le choix si mélangé à l’eau : Astuce de concours.
Si vous mettez les électrolytes directement dans son seau d’eau, proposez toujours un deuxième seau d’eau claire à côté. Si le goût lui déplaît, il doit pouvoir boire quand même.