Mon cheval est maigre, que faire ?

Chaque cheval a besoin d’une alimentation différente selon son âge, son sexe, sa race et son activité. Pour le faire grossir, il faut connaître ses besoins et lui procurer plus que l’apport nécessaire en théorie, afin qu’il puisse produire du muscle et stocker de la graisse. Avant de chercher à faire grossir son cheval, il faut s’assurer que celui-ci soit en bonne santé et apte à prendre du poids.

Avant de démarrer, vérifier l’état de santé

Il faut d’abord vérifier que rien ne fait obstacle à la prise de poids.

Chez un cheval très maigre, un bilan vétérinaire s’impose avant de changer son alimentation. Il faut vérifier, entre autres, que le cheval ne présente aucun autre symptôme, qu’il est à jour de ses vermifuges et correctement suivi par un dentiste.

Le check up vétérinaire, indispensable avant tout action

Une prise de sang pourrait même être utile pour s’assurer de la bonne santé du cheval concerné. Il faut déterminer la cause de l’amaigrissement et régler la source du problème avant de pouvoir lui faire prendre du poids.

Une fois que l’on s’est assuré qu’il est en bonne santé, différentes solutions peuvent être mises en place.

Un changement du mode de vie

Pour un cheval maigre, la première option à considérer est de lui changer son mode de vie.

Les chevaux sont faits pour manger des petites quantités d’herbe quasiment en continu au long de la journée (15 à 20h par jour). Beaucoup de chevaux reçoivent uniquement une ou deux rations par jour et ne peuvent pas se maintenir en état ainsi.

Un remède souvent efficace consiste à laisser le cheval au pré le plus de temps possible lors de la belle saison. A l’inverse, pendant l’hiver, le froid et le manque d’herbe peut faire perdre du poids aux chevaux au pré, même avec un accès au foin à volonté. Une complémentation supplémentaire et parfois un accès au box doivent alors être envisagés, ainsi qu’une couverture si nécessaire.

Un cheval trop maigre doit aussi réduire son activité physique momentanément, le temps de grossir. Il est donc conseillé d’alléger voire d’interrompre le travail du cheval, selon la gravité de l’amaigrissement.

Une solution facile consiste donc à opter pour un mode de vie différent : moins de travail et plus de pré. Attention cependant lors du passage au pré du cheval, la transition doit se faire progressivement pour éviter une colique. Si nous prenons le cas extrême d’un cheval au box nourri uniquement aux concentrés, il faut d’abord l’habituer au foin, puis le laisser au pré quelques heures par jour avant de pouvoir le laisser librement au pré toute la journée.

Cette solution peut être momentanée mais elle peut aussi être envisagée sur la durée. Pré et carrière sportive ne sont pas incompatibles pour un cheval. Il n’en sera que mieux alimenté et plus serein. Le pré/box peut être un bon compromis pour allier les atouts des deux modes d’hébergement.

Optimiser l’assimilation des aliments

Cela ne sert à rien d’augmenter la ration si celle-ci n’est pas bien assimilée par le cheval. Il faut veiller à optimiser chaque étape de la digestion.

Dans un premier temps, si les dents ne sont pas en bon état, les céréales peuvent être mal broyées et en conséquence pas bien assimilées : des céréales non digérées ou des morceaux de fibres peuvent être retrouvés dans les crottins.

Ensuite vient l’estomac. Comme expliqué précédemment, un cheval s’alimente quasiment en continu : il ingère des petites quantités sur une très longue période. Une trop grosse quantité d’aliments d’un seul coup ne sera pas bien assimilée par son système digestif.

Le système digestif du cheval

L’estomac du cheval ne fait qu’environ 15L et ne se remplit qu’aux 2/3, soit 10-12L utilisables. L’estomac se vide en 2 à 8h selon le type d’aliments. Le cheval est donc adapté à des petits repas très fractionnés.  

C’est pourquoi il ne faut jamais distribuer plus de 3L de concentrés d’un seul coup, cela serait inutile car non digéré. Si l’estomac ne fonctionne pas assez en continu au cours de la journée, il reste vide, ce qui favorise l’apparition d’ulcères.

Les chevaux ulcéreux ont ensuite tendance à moins s’alimenter, ce qui aggrave le problème initial. Il faut donc que les repas soient les plus fractionnés possible pour permettre une bonne assimilation de l’aliment et un fonctionnement normal de l’estomac.

L’ordre de distribution conseillé est d’abord l’eau, puis le fourrage et ensuite les concentrés. Le fourrage est digéré par le gros intestin alors que les concentrés sont majoritairement digérés dans l’intestin grêle. Le foin va alors pousser les concentrés vers le gros intestin s’il est distribué après eux. La digestion ainsi accélérée n’est pas optimale et les concentrés ne seraient pas bien assimilés.

Il est aussi conseillé d’attendre environ deux heures entre la ration et le travail.

Toute solution permettant d’améliorer la digestion est bonne à prendre pour faire grossir un cheval. Par exemple, améliorer l’état de la flore digestive peut être une bonne solution. Des cures de probiotiques ou de levure de bière peuvent être envisagées en parallèle du changement d’alimentation, pour aider et supporter la prise de poids.

La qualité et l’hygiène de la ration sont très importants et seront vus postérieurement dans les parties consacrées à chaque type d’aliment.

Le rôle essentiel des fibres : le foin et l’herbe

Un fourrage de bonne qualité

Pour que le cheval prenne du poids, il doit recevoir plus d’apports que l’énergie qu’il dépense. Les céréales apportent plus d’énergie que l’herbe ou le foin, mais le rôle des fibres est essentiel. Elles doivent rester l’alimentation principale du cheval afin de ne pas perturber le système digestif. Pour faire reprendre du poids, le foin doit être distribué à volonté.

Dans l’idéal, le cheval peut être mis au pré ou au foin à volonté, voire les deux à la fois.

Concernant la qualité de la ration de fourrages, le foin ne doit pas être poussiéreux, il doit contenir des longues fibres et avoir une bonne odeur. Il peut être mouillé pour aider à la digestibilité.

Concernant l’herbe, elle doit être suffisamment riche. Une herbe courte et pâturée fréquemment sera bien plus riche en sucres qu’une herbe haute et longue, qui se rapproche plus du foin au niveau nutritionnel.

Une herbe courte et riche en sucres

Les céréales, un ajout secondaire

L’herbe et le foin à volonté peuvent être insuffisants, notamment à la mauvaise saison. Il faut alors ajouter à la ration des céréales, mais toujours en quantité modérée pour ne pas perturber le système digestif.

Nous allons donc déterminer quelles céréales vont constituer la ration.

Les propriétés des céréales dépendent de leur composition en sucres, en lipides et en protéines. Les protéines font prendre du muscle tandis que les sucres et lipides apportent de l’énergie et font prendre du gras.

Il y a deux indicateurs à connaître et à vérifier lorsque l’on réfléchit à l’équilibre d’une ration.

On peut les trouver sur les étiquettes des produits : il s’agit de l’UFC (Unité Fourragère Cheval) et de la MADC (Matière Azotée Digestible Cheval).

L’UFC correspond à l’apport en énergie, à l’équivalent des calories comme on les quantifie chez l’homme. Lorsque le cheval reçoit plus d’énergie qu’il n’en dépense, il la stocke sous forme de graisse. C’est donc l’UFC qui nous informe sur la capacité de la céréale à faire prendre du gras au cheval.

Un UFC correspond à 1 kg d’orge. La MADC correspond aux protéines digestibles par le cheval. C’est ce qui participe, entre autres rôles, au renouvellement de la masse musculaire. Le rapport UFC / MADC est supposé être équivalent.

 UFCMADC
Orge171
Maïs1,1257
Avoine0,8769
D’après les tables INRA, 2010

Les grains doivent être sous la forme la plus digestible possible. Des céréales pleines sont inutiles pour le cheval. Par exemple, l’orge doit être aplati ou trempé et le maïs concassé. Les céréales doivent être stockées convenablement pour conserver leur valeur nutritive et ne doivent évidemment pas être moisies.

L’huile, une aide fréquente pour faire grossir les chevaux

Une fois que les besoins du cheval sont couverts, un ajout de matière grasse peut aider à la fois à la digestion et à avoir un fort apport en lipides.

Ajouter de l’huile dans la ration du cheval est fréquemment conseillé pour lui faire reprendre du poids, mais cette solution est une aide qui ne doit être envisagée qu’une fois que l’on a vérifié la ration de base.

L’huile, une alliée de taille pour la remise en état

L’huile a une densité énergétique importante : beaucoup de lipides pour un petit volume. C’est donc très utile pour les chevaux dont les rations de concentrés sont déjà au maximum.

Des précautions à prendre pendant le changement

Pour grossir, l’alimentation idéale est donc composée majoritairement de fibres à volonté, puis si nécessaire d’un mélange de céréales judicieusement choisies pour maintenir la ration équilibrée, et enfin d’autres aides complémentaires, comme de l’huile dans la ration ou un traitement pour améliorer la flore digestive.

Il y a cependant des précautions à prendre pendant ce changement d’alimentation.

Veillez à faire des transitions alimentaires suffisamment longues, d’au moins une semaine. Il ne faut pas non plus augmenter fortement et brutalement la quantité de nourriture d’un cheval pour ne pas surcharger son foie et ses reins. Le changement, quantitatif comme qualitatif, doit être très progressif pour ne pas impacter négativement l’organisme.

Chaque connaisseur des chevaux a sa propre recette pour faire prendre du poids aux chevaux. Les avis divergent car on doit trouver la solution qui va correspondre à chaque cheval et à son métabolisme. Un check-up vétérinaire et une remise en question du mode de vie du cheval sont indispensables avant de changer sa ration proprement dite.

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